Mars 2023

Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. [La Boetie. Servitude volontaire]

Si vous voulez, comme nous, que la liberté entière de l’individu, et conséquemment sa vie, soit respectée — vous êtes forcément amenés à répudier le gouvernement de l’homme par l’homme, quelle que soit la forme qu’il prenne ; vous êtes forcés d’accepter les principes de l’Anarchie, que vous avez si longtemps conspués. Vous devez alors chercher, avec nous, les formes de la société qui puissent le mieux réaliser cet idéal, et mettre fin à toutes les violences qui vous révoltent. [Krotopkine. L’anarchie]

Si nous examinons les choses sous ce point de vue, nous verrons que, de tous les arts, le plus difficile est celui de ramper. Cet art sublime est peut-être la plus merveilleuse conquête de l’esprit humain. La nature a mis dans le cœur de tous les hommes un amour-propre, un orgueil, une fierté qui sont, de toutes les dispositions, les plus pénibles à vaincre. L’âme se révolte contre tout ce qui tend à la déprimer ; elle réagit avec vigueur toutes les fois qu’on la blesse dans cet endroit sensible ; et si de bonne heure on ne contracte l’habitude de combattre, de comprimer, d’écraser ce puissant ressort, il devient impossible de le maîtriser. C’est à quoi le courtisan s’exerce dans l’enfance, étude bien utile sans doute que toutes celles qu’on nous vante avec emphase, et qui annonce dans ceux qui ont acquis ainsi la faculté de subjuguer la nature une force dont très peu d’êtres se trouvent doués. C’est par ces efforts héroïques, ces combats, ces victoires qu’un habile courtisan se distingue et parvient à ce point d’insensibilité qui le mène au crédit, aux honneurs, à ces grandeurs qui font l’objet de l’envie de ses pareils et celui de l’admiration publique. [Holbach. L’art de ramper].

Oh, la belle utopie, le beau rêve de Noël que l’on fait, dès qu’on admet que les gouvernants représentent une caste supérieure connaissant peu ou point les faiblesses des simples mortels ! Il suffirait alors de les faire contrôler hiérarchiquement les uns par les autres, de leur permettre d’échanger tout au plus une cinquantaine de papiers entre divers administrateurs quand le vent abat un arbre sur une route nationale. Ou, au besoin, on les fait apprécier par ces mêmes masses de mortels, qui, douées de toutes les faiblesses dans leurs rapports mutuels, deviennent la sagesse même quand il s’agit de choisir des maîtres. [Krotopkine. L’anarchie]

Les choses en sont enfin venues au point où l’on avait toujours jugé qu’elles viendraient pourvu que nous nous précipitassions pas à y vouloir prendre part hors du temps… [Mazarin]

La liberté est donc naturelle ; c’est pourquoi, à mon avis, nous ne sommes pas seulement nés avec elle, mais aussi avec la passion de la défendre. [La Boetie. Servitude volontaire]

Je dissimule, je biaise, j’adoucis, j’accommode tout autant qu’il m’est possible ; mais dans un besoin pressant, je ferai voir de quoi je suis capable [Mazarin]

« Tout châtiment dont la nécessité n’est point absolue devient tyrannique, » dit le grand Montesquieu, proposition qu’on peut rendre plus générale en l’exprimant ainsi : « Tout acte d’autorité exercé par un homme sur un autre homme est tyrannique s’il n’est pas absolument nécessaire. » La nécessité de défendre le dépôt de la sûreté publique contre les usurpations des particuliers est donc le fondement du droit de punir. Plus le souverain (dans lequel il réside) conserve de liberté à ses sujets, plus la sûreté publique est sacrée et inviolable, plus les peines sont justes. C’est dans le cœur humain que nous trouverons gravés les principes fondamentaux du droit de punir, et l’on ne tirera d’avantage durable de la politique morale que lorsqu’elle aura pour base les sentiments ineffaçables de l’homme. Toute loi qui s’en écartera doit éprouver une résistance à laquelle elle sera contrainte de céder. C’est ainsi que la plus petite force, quand on l’applique continuellement, détruit à la fin dans un corps le mouvement le plus violent. [Beccaria, Traité des délits et des peines]

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