Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie ; beaucoup d’internationalisme y ramène. Un peu de patriotisme éloigne de l’Internationale ; beaucoup de patriotisme y ramène. [Jaures]
Un jour que quelques conseillers parlaient un peu trop haut à l’audience, M. de Harlay, premier président, dit : « Si ces messieurs qui causent ne faisaient pas plus de bruit que ces messieurs qui dorment, cela accommoderait fort ces messieurs qui écoutent. [Chamfort]
Quand les hommes ne peuvent plus changer les choses, ils changent les mots. [Jaures]
Qu’importe qu’il y ait sur le trône un Tibère ou un Titus, s’il a des Séjean pour ministres ? [Chamfort]
Parce que le milliardaire n’a pas récolté sans peine, il s’imagine qu’il a semé. [Jaures]
Oui, nous avons, nous aussi, le culte du passé. Ce n’est pas en vain que tous les foyers des générations humaines ont flambé, ont rayonné ; mais c’est nous, parce que nous marchons, parce que nous luttons pour un idéal nouveau, c’est nous qui sommes les vrais héritiers du foyer des aïeux ; nous en avons pris la flamme, vous n’en avez gardé que la cendre. [Jaures]
On souhaite la paresse d’un méchant et le silence d’un sot. [Chamfort]
Nous sommes faits de la même étoffe que les songes de notre petite vie, un somme la parachève. [Shakespeare. La Tempête]
Nous n’avons pas de la tolérance, mais nous avons, à l’égard de toutes les doctrines, le respect de la personnalité humaine et de l’esprit qui s’y développe. [Jaures]
Nous combattons l’Église et le christianisme parce qu’ils sont la négation du droit humain et renferment un principe d’asservissement humain. [Jaures]
N’ayant pas la force d’agir, ils dissertent. [Jaures]
Mais dans l’ordre prochain, dans l’ordre socialiste, c’est bien la liberté qui sera souveraine. Le socialisme est l’affirmation suprême du droit individuel. Rien n’est au-dessus de l’individu. [Jaures]
Les gens du monde ne sont pas plutôt attroupés qu’ils se croient en société. [Chamfort]
Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. [Jaures]
La liberté, c’est l’enfant de la classe ouvrière, née sur un grabat de misère, et de mine chétive encore, mais qui porte en soi une incomparable vitalité secrète et dont le regard de flamme appelle la liberté d’un monde nouveau. [Jaures]
L’Anglais respecte la loi et repousse ou méprise l’autorité. Le Français, au contraire, respecte l’autorité et méprise la loi. [Chamfort]
Je demandais à M… pourquoi il avait refusé plusieurs places ; il me répondit : « Je ne veux rien de ce qui met un rôle à la place d’un homme. » [Chamfort]
J’ai le goût le plus vif pour la langue et pour les œuvres de notre Midi, du Limousin et du Rouergue au Languedoc et à la Provence. J’aime entendre notre langue et j’aime la parler. [Jaures]
Ces grands changements sociaux qu’on nomme des révolutions ne peuvent pas ou ne peuvent plus être l’œuvre d’une minorité. Une minorité révolutionnaire, si intelligente, si énergique qu’elle soit, ne suffit pas, au moins dans les sociétés modernes, à accomplir la révolution. Il y faut le concours, l’adhésion de la majorité, de l’immense majorité. [Jaures]
C’est vers le financier gaspilleur, vers le bourgeois taquin et avare que va, de siècle en siècle, la richesse des champs, des vignes et des bois. [Jaures]
Avez-vous dans les airs entendu quelque bruit?
Les vents nous auraient-ils exaucés cette nuit?
Mais tout dort, et l’armée, et les vents, et Neptune. [Racine. Iphigénie]
La lune blanche
Luit dans les bois ;
De chaque branche
Part une voix sous la ramée…
Ô bien-aimée.
L’étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure…
Rêvons, c’est l’heure.
Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l’astre irise…
C’est l’heure exquise. [Verlaine]